Blog Appétit : fraises et asperges
Mangez plus de fruits et de légumes : voilà un beau programme qui tombe à pic en ces premiers jours de printemps.
Pour cette nouvelle édition de Blog Appétit, nous nous sommes associés à l’évènement Semaine Fraîch’ Attitude organisé par Aprifel et qui a lieu du 17 au 28 Mai 2006.
La semaine Fraîch’ Attitide est un évènement national qui a lieu pour la seconde fois en France. L’idée est de montrer qu’il est facile et agréable d’augmenter notre consommation journalière de fruits et de légumes frais et de saison.
Pour mettre cette bonne résolution en œuvre, nous vous proposons de participer à un blog appétit spécial fruits et légumes.
Quand ? le 23 Mai 2006
Le thème : fraises et asperges car c’est la pleine saison
Comment participer ? voir toutes les infos sur Blog Appétit !
Notre marraine sera Alba Pezone et vous pourrez découvrir ses recettes après le 23 Mai
Besoin d’infos ? les fiches fraises et asperges sont là pour vous aider.
Et pour vous donner un avant goût, allez regarder la tarte fraises et asperges faites par Clotilde il y a un an, j’ai eu l’occasion de la goûter, c’est excellent.
A vos casseroles !
Leelooo
Jolie tarte que celle de Clotilde effectivement, merci pour le lien !
Isis
Fraises et asperges dans une seul recette, ca c’est une vrai challenge. Am looking forward to all the recipes being posted.
sophie L.L
Pascale, l’association fraises-asperges est merveilleusement inattendue. La photo sur le site de Clotilde appétissante au possible, mais oups, à quel endroit peut-on la voir en français ? (ou un jour nous la traduiras-tu ? c’est là qu’une fois de plus je maudis mon piètre anglais)Pour les tartes salées-sucrées j’ai testé il y a quelques jours une exquise, divine, tarte moutarde/roquefort/poires.Bon mercredi !
Vincent
Mmmmh, ça va être bon!
Et pas merci à Fnac.com où ton livre est en rupture, je l’attends! (j’aurais dû passer par Amazon…)
Mathieu
Bonjour,
Grand défenseur des saisons devant l’éternel, je me permets d’intervenir à propos des fraises. Certes, nous commençons à trouver des farises françaises (même de la gariguette), mais parler de pleine saison, c’est un peu “osé”. En effet, la fraise aime le soleil & la chaleur qui n’ont pas vraiment été au rendez-vous en mars & en début de mois.
Généralement, la pleine saison est plutôt de mi-mai à fin-juin. N’oublions pas que la fraise doit dégustée dans les 48h suivant la cueillette sinon il y a piège (elle a été murie dans le camion…).
En tous cas, bravo pour votre blog. C’est très humble & spontané.
Sébastien
J’ai testé avec succès cette recette de quiche aux fraises et asperges. C’est très étonnant mais très plaisant, les fraises apporant une petite touche d’acidité très agréable. Merci pour ce blog!
batistin
Les fraises d’ Espagne…. Le scandale
Très instructif ! Et bon appétit !!!
D’ ici à la mi-juin, la France aura importé d’Espagne plus de 83 000
tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs
rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d’ être mûrs, et
ressemblant à des tomates. Avec d’ ailleurs à peu près le goût des
tomates…
Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout,
seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d’ avoir acheté un
produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les
marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en
camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à
faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz
d’ échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de
l’Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du
Guadalquivir, l’ une des plus fabuleuses réserves d’ oiseaux migrateurs et
nicheurs d’Europe.
Il aura fallu qu’ une équipe d’ enquêteurs du WWF-France s’ intéresse à la
marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée
l’ aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française
(dont une partie, d’ ailleurs, ne pousse pas dans de
meilleures conditions écologiques). Ce qu’ ont découvert les envoyés
spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la
mondialisation bon marché. Cette agriculture couvre près de six mille
hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité
(tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures
seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur
lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations
des écologistes.
Les fraisiers destinés à cette production, bien qu’ il s’ agisse d’ une
plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour
donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en
plein été dans des frigos qui simulent l’ hiver, pour avancer leur
production. À l’ automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et
la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le
premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les
gaz attaquant la couche d’ ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le
second, composé de chlore et d’ ammoniaque, est aussi un poison dangereux:
il bloque les alvéoles pulmonaires.
Qui s’en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses
emploient une main-d’ oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers
sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le
soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les
fraisiers au coeur de l’ hiver. … Un écologiste de la région raconte
l’ explosion de maladies pulmonaires et d’ affections de la peau.
Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui
transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont
alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon
illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région
d’Andalousie, entraîne l’ exode des oiseaux migrateurs et la disparition des
derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu’ une
trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie
de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour
faire place aux fraisiers. La saison est terminée au début du mois de juin.
Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit
enfouies n’ importe où, soit brûlées sur place …
Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s’ exiler
ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à
leurs frais au cas ou les produits nocifs qu’ ils ont respiré … La
production et l’ exportation de la fraise espagnole, l’ essentiel étant vendu
dès avant la fin de l’ hiver et jusqu’ en avril, représente ce qu’ il y a de
moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l’ esprit
du public comme notion de saison.
Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera
transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à
s’installer. Avant de venir de Chine, d’ où sont déjà importées des pommes
encore plus traitées que les pommes françaises…
PAR Claude-Marie Vadrot